Les tensions sur l'approvisionnement tempèrent les bénéfices de l'ouverture des marchés de l’énergie
Selon la nouvelle édition de l'Observatoire Européen de la Libéralisation des Marchés de l'Energie*(OELME), publiée par CGEY, les prix de l'électricité continuent de fluctuer tandis que les marchés poursuivent leur ouverture à la concurrence.
7 October 2003
| Dans la plupart des pays européens, l’introduction de la concurrence a directement contribué à faire baisser les prix (comme en Allemagne où les prix de gros de l’électricité ont chuté de 40%). Cependant, dans d’autres pays, de fortes tensions sur la production d’électricité ont fait augmenter les prix. | |
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| Cette tension a été caractérisée par un hiver très sec en Scandinavie qui a affecté les capacités hydrauliques et entraîné des prix élevés. Par ailleurs, l’introduction des nouvelles dispositions du NETA au Royaume-Uni ont cristallisé la surcapacité sur le marché et provoqué une chute des prix. | |
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Alors que les marchés dérégulés se mettent en place progressivement, les acteurs réagissent aux signaux tarifaires – par exemple la remise en service de centrales en Suède ou la mise sous cocon de certains moyens de production au Royaume-Uni. Les prix au détail reflètent en général les prix de gros de l’électricité, même si la réactivité n’a pas été immédiate sur certains marchés comme la Grande Bretagne. Selon Philippe David, Directeur Associé, CGEY: « Les événements récents ont mis en exergue l’importance de la disponibilité de l’offre sur le court terme pour répondre aux conditions du marché, tout changement d’équilibre entre l’offre et la demande pouvant faire fortement évoluer les prix. Ce phénomène a été tout particulièrement important cet été, où les multiples coupures de courant tant en Amérique du Nord qu’en Europe, constituent des signaux forts pour le marché. Ils pourraient se traduire par des hausses de prix dans le futur pour prendre en compte les investissements indispensables à l’évolution des infrastructures. » Colette Lewiner, Directeur International du secteur Energy, Utilities & Chemicals chez CGEY ajoute : « L’hiver dernier s’est avéré difficile dans certaines régions. A la lumière des événements de cet été, il me semble indispensable d’aménager les règles de régulation en conséquence. A l’approche de l’hiver 2003/2004, l’enjeu va alors être de poursuivre le rythme de la libéralisation des marchés de l’énergie tout en préservant la sécurité d’approvisionnement. » | |
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Les observations de cette édition incluent également :
Marchés transfrontaliers : En dépit des récents investissements dans les interconnexions, l’ajustement de l’offre et de la demande se fait surtout à l’échelle des pays. En effet, la capacité limitée des interconnexions d’une part, la complexité des règles d’accès en vigueur d’autre part, ne permettent pas aujourd’hui l’équilibre de l’offre et de la demande au niveau européen – ce qui limiterait également les risques en matière d’approvisionnement. À plus long terme, l’ETSOO (European Transmission System Operators Organization) souhaite harmoniser cette situation en standardisant les conditions d’accès et préconise de renforcer les capacités d’interconnexion. Marchés de gros : Les données de l’hiver 2002/2003 montrent une baisse significative des niveaux d’activité d’un certain nombre de bourses de l’énergie en Europe. Le retrait des acteurs américains, la baisse de confiance envers les modèles de trading “purs” et la consolidation verticale de l’industrie en sont assurément les raisons principales. Une part toujours significative des échanges s’effectue par l’intermédiaire de courtiers et de contrats bilatéraux, et il faut souhaiter que cette activité se développe à nouveau, car les marchés de gros jouent un rôle clé dans l’ouverture à la concurrence, permettant aux producteurs et distributeurs d’équilibrer leurs positions et de gérer leurs risques ; aidant aussi à mieux prévoir l’évolution des prix à long terme. Marché du gaz : Pour la première fois, cette édition de l’Observatoire est enrichie d’éléments sur les marchés gaziers européens. La convergence croissante entre gaz et électricité crée une dynamique intéressante. Cependant, cette tendance est relativement nouvelle et d’autres facteurs restent structurants : le gaz est en effet un produit plus global, et les prix du pétrole et du gaz restent encore fortement corrélés. Cependant, la réelle ouverture à la concurrence passe par l’accès pour les nouveaux entrants aux infrastructures de transport (en particulier lorsqu’ils étaient détenus par un fournisseur précédent en situation de monopole) afin d’acheminer le gaz acheté jusqu’au client final. Ainsi, les conditions d’accès des tiers aux réseaux pourront être harmonisées, et les coûts de transport rendus plus homogènes.
*Cette édition de l’Observatoire analyse les données de l’hiver 2002/2003 (Octobre 2002 – Mars 2003). Notes aux Rédacteurs : Toutes les données de l’OELME sont fondées sur des informations publiques recueillies avant la mise sous presse auprès de divers organismes du secteur tels que les Marchés de gros, les opérateurs de Réseau, les organismes et associations de Production, Transport et Distribution (UCTE et Eurelectric principalement) ainsi qu’Eurostat. |
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A propos du Groupe Cap Gemini Ernst & Young
Le Groupe Cap Gemini Ernst & Young, un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques, et de l’infogérance a réalisé en 2002 un chiffre d’affaires de 7,047 milliards d’euros et emploie environ 50 000 personnes. |
