Génération Y, en soif d’innovation

Elevée dans le culte des entreprises aux succès fulgurants (Facebook, Google, Apple…), la Génération Y rêve d’entreprenariat. Selon un sondage Ifop réalisé en 2011, le nombre de 18-24 ans qui déclaraient vouloir créer une entreprise est passé de 41% à 52% entre 2005 et 2010. Leur but ? S’affranchir de la hiérarchie et gagner en autonomie, clé de l’innovation. Car ces nouveaux entrants sur le marché du travail aspirent surtout à une liberté de création et à la possibilité d’innover. Ils trouvent parfois un espace d’expression stimulant, voyons comment…

Innover en créant son entreprise

L’aventure du 21ème siècle, c’est l’entreprenariat. D’autant qu’à l’heure du digital, « monter sa boîte » n’est plus aussi compliqué qu’auparavant, et ne nécessite pas toujours d’énormes capitaux de départ. Le coût de développement d’une application mobile, par exemple, est relativement faible… mais donne accès à un marché mondial ! Quand on voit le succès des applications comme SnapChat ou bien WhatsApp - récemment rachetée par Facebook pour la  « modique » somme de 19 milliards de dollars - on comprend pourquoi beaucoup tentent leur chance de devenir le prochain Marck Zuckerberg.

De fait, les écoles de commerces et d’ingénieurs proposent de plus en plus de spécialités aux noms rimant avec « innovation », « technologie », « entreprenariat » … Certaines institutions hébergent des incubateurs au sein de leurs propres locaux pour laisser le génie créatif de leurs étudiants s’exprimer et n’hésitent pas à financer elles-mêmes les meilleurs projets. D’autres permettent aux business developers en herbe de rencontrer des entreprises et des business angels à travers des programmes de fin d’étude, des forums ou des concours. Mieux encore, les nouveaux cursus académiques façonnés pour la Génération Y osent briser l’un des grands tabous français, pourtant intimement lié à l’innovation : le droit à l’erreur ou la prise de risque.  Toutes les écoles proposent ainsi des business games dans lesquels le risque est non seulement une alternative possible, mais une option fortement encouragée pour dépasser ses compétiteurs.

Avec une économie et un environnement d’apprentissage propices à l’innovation, la Génération Y peut satisfaire sa soif d’entreprenariat. Toutefois, l’innovation ne sous-entend pas forcément l’entreprenariat : on peut aussi innover dans une entreprise déjà créée que l’on rejoint. Mais quelles sont les entreprises qui laissent la place aux jeunes innovants ?

Innover au sein de l’entreprise

L’innovation est intrinsèquement liée à la prise de risque, et donc la probabilité de faire des erreurs. Or, les grandes entreprises n’aiment pas les erreurs : cela coûte cher. De fait, les start-up et petites entreprises attirent bien plus les nouveaux diplômés en quête d’innovation. Ils y trouvent un sentiment d’autonomie, de liberté créatrice, puisque tout est à faire.

Pour Frank Nouyrigat, initiateur des Start-up weekends1, c’est la culture d’entreprise qui doit évoluer. Selon lui, les grandes entreprises doivent apprendre à faire confiance à leurs employés et à favoriser la prise d’initiative comme chez Google, par exemple. Le géant de la recherche sur internet a établi « la règle des 20% » : chaque employé a le droit de consacrer 20% de son temps de travail à des projets personnels, soutenus par les moyens du géant de l’informatique. Et ça marche ! Puisque des produits comme Gmail ou Adsense, par exemple, sont nés sous la bonne étoile de cette règle. Les grands groupes ont les moyens de soutenir les  ambitions de la Génération Y. D’ailleurs, ce sont ceux qui réussissent à dépasser leur vision de rentabilité à court terme, en poussant leurs employés à l’innovation, qui connaissent les plus grands succès. Les idées peuvent rapporter gros ! Et il faut valoriser celles de la génération Y  dont la soif d’innovation semble insatiable…
Les pays développés, et en particulier la France, n’ont jamais connu de génération aussi innovante. Pour ne pas passer à côté de cette énergie créatrice, les entreprises doivent s’adapter aux aspirations de la Génération Y en lui laissant le bénéfice du risque, et la possibilité d’innover.

1 Les Start-up weekends rassemblent régulièrement des centaines de personnes qui exposent leurs idées d’entreprises et s’associent pour les réaliser… le temps d’un weekend.
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