Maîtriser l’intégration de la Réalité Augmentée dans les pratiques industrielles

Entre autres technologies de pointe (objets connectés, robotique, drones, immersion 3D…), l’offre de solutions de réalité augmentée explose et les occasions de les mettre en valeur se multiplient : salons, congrès, articles et études sur le sujet, apparitions dans les journaux sous forme de QR codes, startups en plein essor… 
Désormais, il ne fait aucun doute pour tout industriel qu’il y a là un potentiel à explorer.

« Sirènes technologiques » : attention aux rochers !

 

Premier constat : l’exploit technologique n’est pas systématiquement créateur de valeur pour le métier ou pour l’opérateur. 
Ainsi, la capacité à « représenter ce qui ne peut être vu » (des canalisations sous le sol, des fils électriques derrière un mur ou une carlingue d’avion …) est toujours impressionnante : voir l’invisible, qui n’en a pas rêvé ? 
De même, la reconnaissance visuelle d’un équipement : magique ! Un scan rapide et l’équipement est reconnu à sa seule forme. On peut y associer un éclaté de la pièce, le mode opératoire, etc… Néanmoins, quelques pièges peuvent se cacher derrière cette attractivité immédiate. Au moins de deux natures :

 

  • Le rapport coût / avantage : est-ce que la valeur métier est bien au rendez-vous ?
  • Le risque : typiquement, équipements d’extérieur identiques mais en fait différents (marque, fonctionnement différents…), positionnement approximatif des objets cachés, … 

- Principe de sobriété -


N’utiliser que des fonctionnalités directement valorisables par l’utilisateur final et écarter tout risque de surinvestissement technologique.

Une pépite ne fait pas une mine : prospecter les filons…

 

Deuxième constat : ce n’est pas la technologie qui détermine la valeur, c’est le cas d’usage auquel on l’applique. 

 

Face à une offre technologique multiple et en évolution rapide, la première question est de trouver les cas d’usage métiers pour lesquels la valeur potentielle est la plus importante : sécurité accrue, fiabilisation des opérations, traçabilité, efficacité, gain de temps, de coût…  
Les situations à forts enjeux pour les métiers sont à passer au crible pour trouver des « pépites potentielles », celles-ci pouvant correspondre à des interventions très localisées comme à des sites industriels étendus. Ceci afin de construire un  portefeuille de cas d’usages possibles. 

 

La possibilité d’étendre l’usage à d’autres cas ou à des situations similaires constitue un facteur clé de priorisation des cas d’applications à tester (matériels identiques déployés sur l’ensemble d’un parc…). La possibilité de répliquer la valeur d’usage unitaire permet de passer de la « pépite » au « filon » et de maximiser la valeur créée pour l’industriel.
Principe « d’extensivité » : consacrer la majeure partie de l’effort à la détection des cas d’usage à fort potentiel d’extension au sein de l’entreprise.

- Principe d’extensivité -

 
Consacrer la majeure partie de l’effort à la détection des cas d’usage à fort potentiel d’extension au sein de l’entreprise.

Augmenter la Réalité Augmentée : mixer les fonctionnalités !

 

Troisième constat : les fonctionnalités de la réalité augmentée prennent d’autant plus de valeur qu’elles s’inscrivent dans un process métier, une activité complète pour l’opérateur.

 

Pour un cas d’usage, il s’agit donc de combiner différentes « briques » (simulation, modélisation, Réalité Virtuelle, capteurs, …) à la RA, pour créer des outils à forte valeur pour les opérateurs. Par exemple, leur permettant de préparer une intervention puis de la réaliser en bénéficiant des apports de la RA et de données métiers digitalisées…

 

C’est ce qui nous a amené à construire la matrice « AR for industry »  afin d’aider nos clients à identifier les mix de technologies à valeur en fonction des objectifs métiers recherchés.
 

- Principe de complémentarité -

 
Intégrer la RA dans un mix de fonctionnalités permettant de couvrir les besoins de l’exploitant de matière optimale au regard des objectifs visés.

C’est en général sur le terrain qu’on trouve de l’or : travailler, via du maquettage ou prototype rapide, avec les équipes de terrain et leur management 

 

Quatrième constat : l’utilisateur final est l’opérateur ou l’équipe de terrain et son management : c’est là que se décide l’intérêt des fonctionnalités envisagées, de leur mise en forme, des éléments d’information pertinents… et l’acceptabilité opérationnelle de l’application envisagée et de son support (tablette, lunettes…). 

 

Autant l’identification des cas d’usages peut relever d’une approche top down des enjeux du métier, autant la concrétisation des pistes envisagées ne peut se faire qu’avec les exploitants de terrain et leur management via une démarche de prototypage rapide.

- Principe d’opérationnalité -

 
Éviter d’imaginer les besoins de l’équipe d’exploitation à sa place afin d’assurer une réponse pertinente et l’intégration efficace de ces technologies dans les pratiques professionnelles.
Le succès du passage de la promesse technologique à la création de valeur métier repose donc essentiellement selon nous, sur la sélection pertinente des cas d’usages, la qualité de coopération entre « stratégie métier » et équipes terrain et un soutien technologique agile. 
Faisons Connaissance